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Mtn Eline One : Canon condamné à la relégation

cameroun,mtn,eline,one,canon,condamne,relegation,cameroon,CAMEROUN :: Mtn Eline One : Canon condamné à la relégation :: CAMEROONAprès sa défaite (0-1) contre Colombe du Sud dimanche dernier à Yaoundé lors de la 31è journée du championnat, le Kpa-kum est relégué en MTN Elite two.

La goutte d’eau qui déborde le vase. La défaite du Canon sportif de Yaoundé contre la Colombe du Sud, dimanche dernier à Yaoundé, est fatale pour le club de la capitale. Car, elle condamne les rouge et vert à la relégation en Mtn Elite Two. Puisque les Mekok Me Ngonda, derniers avec 26 points, sont à neuf longueurs des deux premiers non reléguables, les Astres de Douala et Aigle de la Menoua, qui comptent chacun 35 points. Même en remportant ses trois derniers matchs et ses devanciers évoqués précédemment perdant les leurs, le Canon sportif possède une différence de buts nettement inférieure à celles de ses adversaires, qui ont en plus une meilleure différence de but particulière. Quoiqu’il arrive donc, Canon ne peut plus se maintenir.

En dehors de l’entame du championnat marquée par la prestigieuse victoire (1-0) contre Bamboutos de Mbouda lors de la 1ère journée, le Canon n’a jamais bombardé. Seules quelques rares prestations acceptables sont à noter. Les Mekok Me Ngonda ont passé la majeure partie de la saison à souffrir, malmenés par leurs adversaires sur le terrain. Cet inconfort résulte de l’instabilité dans laquelle baigne le club le
plus titré du Cameroun. Avant l’entame de la saison, plusieurs factions se disputaient la paternité du Canon sportif de Yaoundé. A l’époque, le patriarche Ateba Yene, Emmanuel Mve Elemva sont les principaux protagonistes de cette dispute. Sans oublier une tendance proche de l’ancienne présidente du club de Nkolndongo, Céline Eko.

Dans ce cafouillage, pratiquement aucun joueur confirmé ne choisit le Canon. Dans les bureaux, c’est finalement l’équipe du président de l’association Canon sportif de Yaoundé, Emmanuel Mvé Elemva, qui débute la saison. Sur le banc de touche, c’est un ancien gardien du club, Joël Afaka, qui débute comme entraîneur. Mais passée l’entame encourageante, le Kpa-kum s’enlise. Ce qui amène les dirigeants à bouger le banc de touche. L’ancien milieu de terrain de cette formation, Jean Pierre Fiala Fiala, puis le dernier entraîneur du champion du Cameroun avec le Canon sportif, Dieudonné Nke, débarquent au chevet des Mekok Me Ngonda. Mais, l’affaire est pliée. Même le retour de l’ancienne gloire Pierre Wome Nlend au sein de l’encadrement de l’équipe n’a pas changé la donne. Le mal des vert et rouge est bien plus profond que l’aspect purement sportif.

Ainsi, ni un joueur, ni un entraîneur, ni un dirigeant ne peut seul changer la dégringolade du Canon sportif de Yaoundé qui ne s’est pas réformé pour pouvoir entrer dans le football moderne. Plusieurs clubs sont d’ailleurs en division inférieure pour n’avoir pas entrepris les réformes nécessaires. Le Tonnerre kalara club de Yaoundé, également secoué par un bicéphalisme cette saison, la Dynamo, Caïman, Léopard et bien d’autres formations brillantes par le passé sont en constante dégringolade depuis plusieurs années. Toutefois, un retour du Canon sportif de Yaoundé en Elite One est possible s’il tire les bonnes leçons de son échec. «L’abandon du navire par les dirigeants parasites, vu que le club aura besoin de dépenser encore plus l’année prochaine, pourra permettre de retrouver une sérénité managériale», pense un dirigeant de club. La descente aux enfers du club le plus titré du Cameroun est le symbole même du changement de domination au niveau local. Aujourd’hui, Eding Sport de la Lekie et Apejes de Mfou, deux formations qui n’existaient pas il y a deux décennies, se taillent aujourd’hui la part du lion, au niveau des joueurs appelés au sein des Lions locaux. Comme l’Union sportive de Douala et surtout le Canon sportif de Yaoundé pendant les décennies 70 et 80. Multiple champion d’Afrique, multiple vainqueur de la Coupe du Cameroun et champion d’Afrique toute catégorie, le Canon de Yaoundé retrouve l’enfer de la  division inférieure et pourrait s’enliser si rien n’est fait.

Par Jacques Eric Andjick Mutations

Serge Kamdem Kouam
Par Jacques Eric Andjick

Les dirigeants parasites vont débarrasser le plancher

L'ancien directeur général de Fovu club de Baham et ancien conseiller chez Les Astres de Douala analyse la relégation du Canon spor tif de Yaoundé.

Le Canon sportif jouera en Elite two la saison prochaine. Quel est votre sentiment ?

La descente du Canon en Elite two est tellement retentissante de par son prestige de seul club commandeur au Cameroun. Ce grand club a écrit par le passé le nom de notre pays dans le livre d'or de la Caf en remportant des titres africains. Mais, c'est du passé. Le Canon, comme les autres clubs populaires et emblématiques du Cameroun, n'a pas réussi à se moderniser, peut être faute de vision politique, ou compte tenu du contexte de football passion en vogue à l'époque, mais trop en arrière du foot business qui est d'actualité et financièrement très contraignant.

Quelle est la cause de cette descente aux enfers?

Le Canon sportif n'a pas réussi son adaptation dans ce nouvel environnement. Nous avons observé trop de balbutiements dans le management du club ces dernières années, avec une incidence immédiate sur les résultats sportifs, imposant quelques fois des perfusions hors normes pour sauver le club de la relégation et entrainant quelquefois des frustrations. La discorde permanente entre les dirigeants du club et une entité statutaire appelée comité des sages, un regroupement des patriarches et autres, est l'élément de trop qui a conduit définitivement ce club dans l'abîme. En plus, le fonctionnement du club semble secondaire de la satisfaction financière individuelle des sages. Certaines anciennes gloires ont essayé d'apporter leur expertise, mais n'ont malheureusement jamais été suivis.

Quelle est la différence entre un club individuel et un club populaire ?

Ayant eu la chance de travailler dans ces deux types de structures : communautaire et individuelle, j'avoue personnellement qu'il semble plus aisé de diriger un club individuel. Car, vous avez un responsable qui a une vision et recrute ou emploie ses collaborateurs dans la logique de l'atteinte des objectifs assignés et connus de tous. Dans ce type d'organisation, il n'y a pas plusieurs personnes qui interfèrent dans la chaîne de décision. Le travail se fait plus sereinement et les problèmes sont mieux appréhendés.

Des clubs populaires ou individuels, à qui appartient le futur du football local ?

Le futur du football local reviendra à des clubs individuels si ceux dits communautaires ne réussissent pas leur transformation. Seulement, on aura un déficit du public qui adhère très lentement à l'initiative individuelle, car nostalgique de l'épopée glorieuse des clubs qui ont marqué le football camerounais

Quel est le problème des clubs populaires ?

Le nombre trop élevé d'intervenants dans la chaîne managériale entraînant de fait une pesanteur et plusieurs désagréments dans l'exécution des tâches. Le principal financier se sent régulièrement contrarié, car incompris essuyant même des tentatives de lynchage quand ils s'obstinent. Conséquence : très peu de mécènes veulent investir dans ces clubs communautaires.

Comment le Canon sportif peut-il rebondir ?

Le Canon a plusieurs atouts pour rebondir dès l'année prochaine. Nous pouvons énumérer entre autres l'abandon du navire par les dirigeants parasites, car plus que par le passé, le club aura plus besoin d'argent pour ses dépenses essentielles. Le fait que le nouveau directoire devra être constitué de personnes ayant tous les pouvoirs et les moyens en vue de l'atteinte de l'objectif prioritaire qui sera la remontée du club dissuadera certains. La mobilisation des supporters et sympathisants pour un accompagnement responsable du club pour sa remontée sera également nécessaire. Enfin, faire un recrutement approprié en conformité avec le budget pour la saison sportive à venir.

  • Hits : [ 3023 ] 14 Sep 2017 00:27:00

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