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Sénégal, raisons d’un échec

sanagal,senegal,raisons,dun,echec,senegal,SÉNÉGAL :: Sénégal, raisons d’un échec  :: SENEGALLes avis sont aussi divergents que les observateurs quand la question de l’échec des Lions du Sénégal ou des clubs comme ceux de l’US Gorée et Niary Tally en compétitions continentales cette année, est posée. Chacun a son explication, en vrac l’inorganisation, la malchance et le manque de moyens. Un peu de tout cela assurent les anciens. 

Assis à la tribune d’honneur du vieillot stade Demba Diop bâti en 1963, le capitaine des Lions à la CAN 1986, Amadou Diop, croit savoir que le sacre d’une sélection nationale n’est pas loin quand il part du résultat de Gabon 2017.

« C’est clair que c’est frustrant de se faire éliminer de cette manière quand on a tous les atouts en mains », indique l’ancien milieu de terrain qui, après avoir joué au Jaraaf de Dakar, a porté les couleurs de Portimonense au Portugal au début des années 80.

« Nous ne sommes pas loin de gagner en sélection mais ce n’est pas le cas en clubs où nous n’avons ni les moyens ni l’organisation pour prétendre à faire partie des meilleurs », estime l’ancien demi-finaliste de la Coupe d’Afrique des clubs champions, en 1983.

Avec le Jaraaf des Cheikh Seck et autres Moussa Diop Quenum, ils étaient tombés contre l’Ashanti Kotoko de Kumasi.

« A cette période, il y avait de grands dirigeants qui ne lésinaient pas sur les moyens et aussi qui réussissaient à a fin de la saison à retenir les meilleurs joueurs en les prenant totalement en charge », se souvient Diop, actuel membre de l’encadrement technique du Jaraaf de Dakar.

Ancien joueur de la même équipe au début des années 90, Mansour Ayanda évoque le même manque de moyens et d’idées quant à la gestion d’un club moderne.

Eliminé au deuxième tour de la Ligue des champions en 2004 par les Nigérians d’Enyimba, Ayanda croit savoir que la professionnalisation du football sénégalais ne sert qu’aux dirigeants qui n’ont à l’esprit que de mettre des joueurs sur le marché.

« On ne peut imaginer construire du solide même quand les joueurs moyens prennent les chemins de l’exil dès la fin de la saison », dit-il donnant le cas des meilleurs buteurs de la Ligue 1 sénégalaise. Pape Ibnou Ba, meilleur buteur 2016 avec 16 buts en 26 rencontres sous le maillot de la Linguère de Saint-Louis, après quelque mois passé au Stade de Mbour, est allé rejoindre le Liban en janvier dernier.

« Quand on va en Ligue des champions ou en Coupe de la Confédération, si on ne peut pas recruter les meilleurs joueurs sur le plan local, c’est qu’on n’a pas d’ambition », confie l’ancien attaquant du Jaraaf de Dakar qui, en plus du Sénégal, a évolué en Bulgarie, au Koweit, en Arabie Saoudite et à Dubaï.

Mamadou Pouye, ancien coordinateur de la Jeanne d’Arc, seul club sénégalais a avoir joué la phase de poules de la Ligue des champions, confirme les propos de l’ancien attaquant international du milieu des années 90. « Nous avons mis des moyens pour attirer les meilleurs joueurs locaux et aussi à aller chercher dans la sous-région quelques perles rares », rappelle avec fierté et nostalgie Pouye dont l’équipe depuis la demi-finale de 2004 chute inexorablement et se retrouve en National 2 (division 4 du football local).

C’est ainsi que la « JA » a accueilli au début des années 2000, entre autres le Malien Aba Koné, le Burkinabé Narcisse Yaméogo (actuel adjoint de Paulo Duarte) et le Guinéen Momo Wandel Soumah, décédé récemment à Conakry.

Sur le plan local, l’ossature de l’équipe nationale, quart de finaliste de la CAN 2000 avec Malick Diop, Pape Niokhor Fall, Assane Ndiaye, Tafsir Saliou Ngom jouait à la Jeanne d’Arc, finaliste de la Coupe de la CAF en 1998.

Entraîneur démissionnaire de Niary Tally, après l’élimination aux préliminaires de la Coupe de la Confédération Total 2017, Demba Mbaye invite les clubs à « bosser sur le moyen et long terme ». « Il faut une véritable politique à la base avec la mise en place de bonnes équipes en U15, U17 et U20 », insiste le jeune technicien qui vient de jeter l’éponge après son échec à la Coupe de la Confédération Total.
« Nos joueurs traînent beaucoup de lacunes dans le jeu sur le plan technique et tactique et il faudrait arriver à les préparer très tôt et à pouvoir les garder longtemps », préconise-t-il soulignant que c’est plus viable que d’aller « acheter » des joueurs de gauche à droite. « Tout cela doit être accompagné d’une politique infrastructurelle parce que les terrains, c’est ce qui manque le plus à Dakar », soulignant que les équipes ont du mal à avoir deux séances d’entraînement à cause de la rareté des infrastructures.
 Evoquant l’équipe nationale A, le jeune technicien qui a vécu jusqu’à l’année dernière en France, estime que la plupart des joueurs professionnels sénégalais ont perdu le contact avec « les réalités africaines ».

« Des joueurs évoluant sur du 5 étoiles aussi bien du côté des pelouses, de la prise en charge que de l’organisation, mettent du temps à s’adapter quand ils viennent jouer en Afrique », analyse-t-il, soulignant qu’ils peuvent gagner 2-3 matchs mais la réalité les rattrape quand ça commence à durer. « Je crois qu’il faut intégrer les meilleurs joueurs évoluant en Afrique dans notre équipe nationale si on veut gagner à moyen terme », suggère-t-il.

 Mamadou Diallo, ancien international qui a joué la CAN 1994 en Tunisie, bat en brèche cet avis soulignant que pour la CAN 2017, le sélectionneur national (Aliou Cissé) « s’est trompé de stratégie et a persisté là-dessus ». « ’A la mi-temps du match contre le Cameroun, il aurait dû changer certains joueurs’’, assurant que le footballeur sénégalais est fragile sur le plan mental.

« On se satisfait de peu et il appartient aux éducateurs d’inculquer la culture de la gagne chez les jeunes footballeurs même si en 2017, on a manqué le Graal par l’obstination d’un technicien », estimant qu’il est devenu trop prévisible dans sa manière de jouer. « S’il accepte de corriger sa stratégie et de varier les plans de jeu, on n’est pas loin de toucher le jackpot », relève-t-il.

  • Hits : [ 2041 ] 24 Fev 2017 14:48:00

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