FRANCE :: Intermédiaire de joueur: la fécafoot régule, footleak revèle

Intermédiaire de joueur: la fécafoot régule, footleak revèle

france,intermediaire,joueur,fecafoot,regule,footleak,revele,FRANCE :: Intermédiaire de joueur: la fécafoot régule, footleak revèleL'agent de joueur est un intermédiaire entre le footballeur et le club. Le footballeur (ou parfois son entourage) choisit l'agent le plus indiqué et très souvent, lui confie la gestion de sa carrière professionnelle.

L'agent de joueur agréé devenait parfois un demi-dieu , celui-là même qui décide de l'orientation de la carrière de jeunes footballeurs, de son salaire etc moyennenant de grosses commissions. Rappellons que la commission  est une forme de remunération par pourcentage. Il est de 30% en moyenne. Lire par ailleurs

Les agents qui font la pluie et le beau temps

Mino Raiola, Constantin Panagopoulos, Volker Struth, Alexandre Pinto Da Costa, David Manasseh, Soren Lerby, Bayram Tutumulu, Pini Zahavi… Derrière cette galaxie de profils internationaux, des histoires de transferts toutes plus rocambolesques les unes que les autres: fausses factures, commissions farfelues, manœuvres fiscales, banquier occulte… La Fifa évalue à 368 millions de dollars les commissions versées par les clubs européens aux intermédiaires en 2016. Et les histoires incongrues s'empilent.

Par exemple, celle du transfert de Gareth Bale au Real Madrid il y a trois ans et demi, en provenance de Tottenham, pour 101 millions, révèle Mediapart. Le montant de la transaction entre les deux clubs était jusqu'à présent resté secret afin de ne pas vexer Cristiano Ronaldo, qui n'avait coûté «que» 94 M€ au club espagnol précedemment. L'agent anglais David Manasseh a encaissé 16,37 M€, comme le précise un document du 2 septembre 2013, «qui ne fait même pas la taille d'un contrat de location de voiture».

Depuis le 2 décembre dernier et la divulgation des premiers éléments tirés de la fuite de plus de 18 millions de documents confidentiels, Football Leaks apporte chaque jour son lot d'informations. L'agent de joueurs Jorge Mendes et la star Cristiano Ronaldo étaient les premiers visés par l'enquète. Aujourd'hui, l'article de Mediapart - relais français de l'European Investigative Collaborations (ECI), qui rassemble une douzaine de medias - analyse l'obscur milieu des agents de joueurs, avec de nouveaux éléments.

Pendant plusieurs années, la Fifa avait donc reglementé la profession donnant au passage le pouvoir aux fédérations nationales d'octroyer le cas échéant, une licence aux candidats qui rendaient à un certain profil. Tout cela relève aujourd'hui du passé. Depuis 2015, la profession d'agent de joueur autrement appelé intermédiaire de joueur au Cameroun, n'es plus reglementée par la Fifa. L'exercice d'une telle profession est dès lors libre. La Fifa avouait par la son incapacité à contrôler un monde de requin.

Jean-François Brocard, Footleaks : "Les agents se nourrissent sur la bête"

Les révélations en cours sur les circuits financiers du foot mondial mettent en lumière le rôle central des agents, selon le spécialiste Jean-François Brocard.

La guerre des agents très spéciaux  

Entamé il y a une grosse semaine, le feuilleton des Footleaks continue de déverser son lot de révélations sur les énormes sommes qui circulent dans le milieu du terrain. Au cœur de ce gigantesque marché : les intermédiaires. Des agents, hommes d'affaires, foà chaudds d'investissement ou sociétés diverses intéressés par le gros gâteau financier du foot international. Un monde aux pratiques troubles sur lequel Jean-François Brocard, chercheur en économie au Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges, a écrit une thèse. Entretien.

On le devinait, les Footleaks le confirment : le monde du foot est décidément très opaque…

« Oui, il y a effectivement énormément d'opacité, liée notamment au rôle des agents. Les Footleaks concernent principalement les à-côtés des salaires : primes, intéressement, revenus commerciaux… Ces informations traitent rarement des salaires en tant que tels, parce que sur ce point, les clubs sont plus contrôlés. L'opacité, on la trouve dans tout ce qui se passe autour du droit à l'image, du sponsoring, des indemnités de transfert… Ce qui est opaque, c'est le rôle des intermédiaires. »

Qui sont ces intermédiaires ?

« Des investisseurs extérieurs au monde du foot, qui ne sont pas des clubs : parfois des individus, parfois des sociétés, parfois des fonds d'investissement qui investissent dans le foot en devenant propriétaires des droits économiques liés aux joueurs, ce qui leur donne le droit de toucher un pourcentage sur les indemnités de transfert. Cette pratique a été interdite par la Fifa en 2015. Pour autant, on sait que ça perdure et cela crée une opacité complète parce que ce sont des acteurs qui ne font pas partie du football mais viennent d'une sphère financière très habituée à agir en toute discrétion. »

Des acteurs aux pratiques parfois troubles, comme le montrent les révélations sur les pratiques d'évasion fiscale ?

« Il y a des acteurs qui font partie de circuits financiers qui visent à optimiser fiscalement les revenus des joueurs. Ça, c'est évident, alors que ça n'existait pas dans un premier temps. Tous ces joueurs font appel à des agents qui leur présentent des personnes qui travaillent dans la finance et qui ont les éléments techniques à leur proposer pour faire de l'optimisation fiscale. Tout ça ne concerne que les joueurs stars, qui ont accès aux meilleurs agents, comme Jorge Mendes ou Mino Raiola. »

Ces agents ne coupent-ils pas les joueurs de toute réalité ?

« Ils ont des réseaux très larges et offrent des services allant de l'optimisation fiscale à la conciergerie au quotidien, en passant par la gestion des documents administratifs. Les joueurs s'occupent de beaucoup moins de choses que vous et moi. Ils n'ont jamais rempli une déclaration fiscale, ils ne savent pas ce que sont les impôts locaux. Ils sont coupables, certes, mais par lâcheté. Je ne suis pas certain qu'on leur ait posé un jour la question : " Est-ce que tu veux faire de l'optimisation fiscale ? ". On leur propose des produits, parfois entre deux portes, et ils signent. »

Les responsables de cette flambée financière seraient donc les agents ?

« L'implication principale, c'est celle de tous les acteurs qui tournent autour des footballeurs. Ces gens-là se nourrissent sur la bête: pour gagner toujours plus d'argent, ils doivent attirer des joueurs avec des offres de services toujours plus larges. »

La guerre des agents très spéciaux

Dans le monde trouble du ballon rond, ils évoluent comme des poissons dans l'eau. Les agents de joueurs sont aujourd'hui les piliers du capitalisme totalement dérégulé qui régit le foot moderne. Parmi eux, deux noms reviennent constamment : Jorge Mendes et Mino Raiola. Deux hommes d'affaires, portable toujours vissé à l'oreille, qui se partagent une bonne partie des joueurs les plus « bankable » de la planète.

Dans l'écurie du Portugais Mendes, on trouve notamment ses compatriotes Cristiano Ronaldo, João Moutinho ou Pepe. Mino Raiola, un Italo-Néerlandais surnommé le pizzaiolo, compte lui, dans son cheptel les Français Paul Pogba et Blaise Matuidi ou encore Zlatan Ibrahimovic. Ces deux hommes aux réseaux très larges et diversifiés se disputent les meilleurs contrats et les juteuses commissions qui vont avec. Au prix, parfois, de petits arrangements avec les règles.

« C'est une concurrence féroce, une guerre pour attirer les plus grands joueurs », explique Michel Henry, un des trois auteurs du volet français des Footleaks. « Leur rôle est de faire gagner le plus d'argent à leurs joueurs. Cela signifie négocier les meilleurs salaires mais aussi diversifier les revenus par le biais de droits à l'image ou encore défiscaliser ». Au petit jeu de l'évasion fiscale, Jorge Mendes est accusé d'avoir monté un complexe circuit offshore permettant à sa poule aux œufs d'or Cristiano Ronaldo de soustraire 150 millions d'euros au fisc. Selon Footleaks, Mino Raiola a, lui, fait transférer les revenus tirés des droits d'image de Paul Pogba vers le paradis fiscal de Jersey. Le tout après avoir, notamment, touché 27 millions d'euros au moment de la signature de son joueur à Manchester United cet été.

Par essence amoral, l'agent de stars ? Ou simplement en phase avec la bulle financière hors de contrôle qu'est devenu le football d'aujourd'hui ? Les Footleaks continueront certainement d'apporter des éléments de réponse

à chaud

Paul Pogba à son tour rattrapé par la patrouille

Joueur le plus cher du monde (avec un transfert à 105 millions d'euros de la Juventus de Turin à Manchester United cet été), Paul Pogba pratique lui aussi l'évasion fiscale, selon les Footleaks. Une partie de ses revenus sont déposés dans le paradis fiscal des îles anglo-normandes, affirme Mediapart, émanation en France des Footleaks. Son agent Mino Raiola transfère depuis cet été les revenus issus des droits d'image de Paul Pogba à une « coquille offshore » nommée Aftermath et immatriculée à Jersey, l'une des îles de la Manche à fiscalité avantageuse. Le montage financier s'est fait peu avant la signature par le Francilien d'origine d'un juteux contrat de sponsoring avec Adidas, estimé entre 25 et 40 millions d'euros, en mars 2016.

 Propos recueillis par Julien Proult

  • Hits : [ 2202 ] 15 Dec 2016 17:24:00

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