Dossier du jour: Rigobert Song est arrivé en France

Dossier du jour: Rigobert Song est arrivé en France

dossier,jour,rigobert,song,est,arrive,france,Dossier du jour: Rigobert Song est arrivé en FranceInquiétudes. Reportage au Centre des urgences de Yaoundé que l’ancien capitaine des Lions a quitté hier en fin d’après-midi en direction de l’aéroport de Nsimalen.

C’est avec le poing levé que « Magnan » a pris la route pour l’aéroport de Nsimalen hier, mardi, 4 octobre 2016. Il était 18h25. Ce geste de l’ex-capitaine de l’équipe nationale de football sur sa civière au moment où on le faisait rentrer dans l’ambulance est adressé aux nombreux fans venus lui témoigner de leur soutien au Centre des urgences de Yaoundé (Cury) avant son évacuation sanitaire pour la France.

« Rigobert debout, Magnan debout, Rigo bonne guérison, un Lion ne meurt pas », sont autant de mots qu’on a écoutés en boucle devant le Cury. Des expressions qui témoignent de l’estime que les camerounais portent pour ce Lion indomptable. Marie, commerçante au quartier Mokolo, a laissé son commerce pour vivre le départ de Rigobert Song. « Nous l’aimons tellement. Dieu ne peut pas encore nous le prendre. Nous prions pour lui et nous savons qu’il va bientôt nous revenir. J’ai fais le déplacement pour venir spécialement lui apporter mon soutien ».

L’attente a été longue devant le Cury car l’heure exacte de son départ n’était pas véritablement connue. Des sources disaient qu’elle était fixée tantôt à 10h, tantôt à 15h30. L’ambiance était plutôt calme durant les heures qui ont précédé le départ de Song du Cury. Tout semblait alors se dérouler normalement jusqu’à l’arrivée des forces de maintien de l’ordre.

La mine moins soucieuse que les jours précédents des membres de la famille de Song rassurait la population. « Si son cas était vraiment grave on allait pas faire tout ce protocole pour l’évacuer. Il serait parti depuis très longtemps », croit savoir un vendeur ambulant de chaussures.

Hôpital de la Pitié Salpétrière

Dans cette attente, chacun y va de son commentaire. Des informations font d’abord état de ce que Song est déjà sorti de l’hôpital. Des rumeurs persistantes ont même laissé s’échapper qu’il ne quittera le Cury que tard dans la nuit, dans la discrétion et loin des caméras et appareils photos. Il fallait mieux pour décourager la foule venue nombreuse pour soutenir « Magnan».

Même lorsque l’ambulance du Cury est sortie de l’enceinte de l’hôpital, la foule bigarrée ne s’est pas laissée distraire. Elle a continué de camper devant l’hôpital, entonnant des chants pour démontrer leur soutien à leur idole. « Tout est déjà prêt. On attend juste l’arrivée du ministre et de la délégation des médecins qui vont l’assister pendant le voyage », confiera la maman de Rigobert Song. Ces arrivées n’ont pas tardé. Quelques minutes après, le ministre de la Santé (Minsanté), André Mama Fouda a fait son entrée. Il est accueilli par Augustin Edzoa, le président du comité de gestion du Cury qui était déjà sur les lieux. Les médecins français sont arrivés à 17h30. Ils ont étés reçus par le Minsanté et le président du comité de gestion du Cury puis se sont rendus au chevet de Song pour préparer son évacuation.

« Il est important de préserver l’image de notre pays. Nous devons donner la bonne information car, il en va de la santé d’un individu. Tout compte fait, nous continuons de prier le Seigneur afin qu’il veille sur Rigobert durant son voyage et son séjour en France », a tenu à dire le ministre de la Santé à l’endroit de la presse. L’avion médicalisé ayant à son bord Rigobert Song doit atterrir ce matin à Paris. Rigobert Song sera conduit à l’hôpital de la Pitié Salpétrière. Murielle Tchoutat (Stagiaire)

Quand les réseaux sociaux secrètent la mort

Phénomène. Les soucis de santé de Rigobert Song ont provoqué des glissements dangereux sur une toile où les repères moraux se perdent.

Le Cameroun tout entier retient son souffle. Comme au soir du 13 février 2000, lors de la fatidique séance de tirs aux buts en finale de la coupe d’Afrique des nations contre le Nigéria, c’est vers Rigobert Song que convergent toutes les inquiétudes. Il y a 16 ans au national stadium de Lagos, Rigobert Song, « Magnan », le capitaine bondissant permettait aux Lions indomptables de remporter un nouveau trophée continental après 12 ans de disette. L’image d’un défenseur central implacable, haranguant ses coéquipiers dans les instants de doute est restée dans l’imaginaire collectif comme l’incarnation même du fameux « fighting Lions spirit » qui a quitté la tanière depuis que l’ancien sociétaire du Tonnerre de Mvog-Ada a pris congé de l’équipe nationale en 2010.

Le 3 octobre 2016, autre lieu mais même acteur principal. « Magnan » est cette fois couché sur un lit du Centre des urgences de Yaoundé, le corps inerte à peine recouvert par un drap blanc, seul élément écarlate d’un panorama bien terne. Une panoplie de câbles médicaux est connectée au Lion qui ne peut plus rugir. Par respect pour l’intimité du double champion d’Afrique, nous ne publierons pas cette photo glauque qui apparait comme un nouveau dérapage, un de plus, un de trop, d’une galaxie du numérique où les pixels ont remplacé les neurones.

Photographie cruelle

La photographie, cruelle, a été prise par quelqu’un qui est visiblement proche de l’icône ou bien un membre du personnel médical. Cette personne, dont les intentions demeurent nébuleuses, sera le point de départ d’un « buzz » dont seuls les réseaux sociaux peuvent assurer aujourd’hui un si large spectre de diffusion en instantané.

Les utilisateurs de Facebook, Twitter, Instagram et WhatsApp, pour ne citer qu’eux, ont reçu le triste portrait du capitaine « à l’insu de leur plein gré. » Elle provoque indignation, compassion, pitié mais parvient presque toujours à enclencher un réflexe contenu en un mot : partage. Des internautes veulent être les premiers à pavoiser leurs murs avec l’agonie de « Magnan » afin de montrer à la face du peuple de la toile qu’ils sont « update », en lien permanent avec des pseudos proches de Song dont ils se déclarent des intimes. « L’entourage vient de m’annoncer sa mort.

Source très sûre.

C’est fini » a posté péremptoirement un « facebookeur », ponctuant sa logorrhée macabre d’un smiley (petit personnage coloré) de tristesse. C’est alors l’avalanche des « RIP » (Rest in Peace, en français repose en paix) afin d’allumer un cierge à la mémoire de l’indomptable mis six pieds sous terre alors que son souffle continue de narguer la grande faucheuse. Sur Facebook, on a même eu droit à un montage où
on pouvait lire : « J’ai combattu le bon combat Rigobert Song Bahanag 1er juillet 1976-03 octobre 2016 » portant l’estampille d’un site d’informations qui pensait avoir flairé le scoop.

D’heures en heures, « Rigo » est mort et ressuscité autant de fois qu’il est monté en première ligne durant les 90 minutes d’un match de football : sans cesse. « Magnan » peut encore tacler ceux qui ont déjà porté précocement les vêtements noirs du deuil en remportant la partie la plus importante de sa carrière, chose que d’autres célébrités épiées jusque dans leurs tombeaux ne peuvent plus faire.

La mort leur va si bien

Le 24 avril dernier, Papa Wemba s’écroulait lors d’un concert à Abidjan en Côte d’Ivoire. En pleine envolée lyrique, le rossignol de la rumba congolaise a perdu sa voix et s’est tu pour l’éternité. Alors que le monde était encore sous le choc de cette éclipse inattendue, une image montrant l’interprète du titre «Awa y okeyi » les yeux clos va fuiter. Pire encore, la liaison de Papa Wemba avec une jeune fille sera révélée à coups de diapositives 2.0 captant leurs baisers interdits.

Difficile pour la famille de se recueillir lorsque la vie privée se retrouve sous les projecteurs des ragots. Destin similaire pour la belle voix d’Achalle, le premier vainqueur du concours musical  stars2main. Au lendemain de son décès le 27 juillet de cette année, les rumeurs autour de ses supposées pratiques intimes, qualifiées par certains de « déviantes », seront véhiculées, tout comme le visage du jeune premier à peine débarrassé du linceul mortuaire. Les photos du corps du footballeur Patrick Ekeng vont être placardée sur les murs des réseaux sociaux tandis que des conversations du regretté styliste Patou Manga avec ses connaissances seront rendues publiques.

Avec les corps déchiquetés par les attaques de Boko Haram qui ont traumatisé les esprits au plus fort des attentats et la boucherie pratiquée sur Monique Koumatekel, l’année 2016 est pleine de récits peu agréables sur les nouveaux médias où le bon sens et la circonspection sont passés à la trappe.
William Oyono

  • Hits : [ 4085 ] 05 Oct 2016 12:54:00

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