FRANCE :: Binationaux en football : le difficile choix

Binationaux en football : le difficile choix

france,binationaux,football,difficile,choix,FRANCE :: Binationaux en football : le difficile choixDans le domaine du football, la double nationalité, ou la multi nationalité, permet aux joueurs qui en sont détenteurs de pouvoir choisir, sous certaines conditions et dans un cadre réglementé, la sélection nationale du pays dont ils défendront les couleurs, que ce soit en matchs amicaux ou lors de compétitions internationales . Les joueurs titulaires d'une double nationalité, une fois qu'ils ont opté pour l'équipe nationale de leur choix, ne peuvent plus jouer pour une autre équipe nationale, même dans le cas ou ils n'auraient disputé que des matchs amicaux avec leur première sélection.

La Fédération internationale de football association (couramment connue comme la FIFA) est responsable du maintien et de l'application des règles déterminant si un joueur de football est habilité à représenter un pays. Au XXIe siècle, les règles de la FIFA stipulent que tout joueur peut s'engager au sein d'une équipe nationale, à condition de posséder la nationalité du pays de cette équipe (et d'avoir été préalablement sélectionné par son entraîneur.) En 2004, en réaction à la tendance croissante à la naturalisation de joueurs étrangers dans certains pays, la FIFA a adopté une nouvelle réglementation visant à éviter certains abus. Cette réglementation stipule que le joueur détenant plusieurs nationalités doit démontrer un « lien évident » avec le pays qu'il souhaite représenter. En cas d'enfreint au règlement, la FIFA a le pouvoir d'annuler les résultats des matchs internationaux d'une équipe comportant des joueurs inéligibles.

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Les règles d'admissibilité de la FIFA précisent également qu'une équipe masculine ne peut pas comporter de femmes (quelle que soit la nationalité de celles-ci), de même qu'une équipe féminine ne peut pas comporter d'hommes (quelle que soit la nationalité de ceux-ci.)

Le cas Boufal est symptomatique d’une évolution concernant la question des binationaux… Le milieu du LOSC qui a décidé de jouer pour le Maroc et non sous le maillot de l’équipe de France. Avant, seuls ceux qui n’avaient pas le niveau pour évoluer en bleu décidaient d’opter pour le pays d’origine de leurs parents mais la donne a changé. Décryptage.

La liste est désormais bien longue : Anthony Lopes, Aïssa Mandi, Mehdi Benatia, Faouzi Ghoulam, Serge Aurier, Yacine Brahimi, Pierre-Emerick Aubameyang, Riyad Mahrez, Sofiane Boufal… Des joueurs nés en France ou ayant été formés dans l’hexagone, voire ayant même porté les maillots des équipes de France de jeunes…

Par le passé, faute d’équipe de France, des joueurs avaient décidé de représenter le pays d’origine de leurs parents, de leurs grands-parents. Obraniak, Perquis, Meghni, Boudebouz, Mulumbu… Logique pour des footballeurs souhaitant connaître le haut niveau international. Didier Drogba, lui,  n’était pas au niveau des Bleus quand il a décidé de rejoindre l’équipe de Côté d’Ivoire. A cette époque, la concurrence en attaque était relevée : Henry, Anelka, Trezeguet… Il finira par se révéler quelques mois plus tard à Marseille avant de devenir l’un des meilleurs attaquants au monde à Chelsea. Interrogé dans « La face cachée du sport », Nacer Sandjak, ancien sélectionneur de l’Algérie, livre un regard intéressant : « C’est un argument que beaucoup de sélectionneurs d’autres pays utilisent et ça marche plein pot. On fait un amalgame rapidement. Ils disent, ils ne veulent pas de toi, donc viens chez nous. Quand tu vois par exemple un Belhanda, qui est un jour phénoménal à Montpellier, ça fait mal au cœur. C’est la France qui l’a formé, qui l’a construit, normalement c’est à elle de le récupérer ».

Quelques cas particuliers par le passé mais un dossier à régler rapidement au sein du football français sous peine de voir les Bleus passer à côté de joueurs talentueux.

Comment expliquer que Sofiane Boufal, convoqué dans les équipes de jeunes françaises, né à Paris et révélé au SCO d’Angers puis à Lille, qui aurait pu être demain la surprise de la liste de Deschamps, ait décidé de rejoindre le Maroc ? Rejet de la France, absence d’identification au maillot bleu, problème d’intégration ?

Platini, Kopa, Zidane, les plus grands joueurs français ont tous choisi le maillot tricolore, si fier de démontrer à quel point ils étaient heureux de jouer pour la France. Plongé dans un imbroglio assez étonnant il y a quelques mois, Fékir, hésitant entre l'Algérie et la France, avait, lui, opté pour le maillot bleu. Ngolo Kanté, révélation du championnat d’Angleterre avec Leicester, a également le choix entre la France et le Mali. Que Deschamps le convoque pour affronter les Pays-Bas et la Russie puis l’intègre dans sa liste, sinon, il pourrait aussi rejoindre la longue liste de ces footballeurs attirés par leurs racines et l’héritage familial. Question d’époque, question de génération et surtout le choix du cœur.

Au Cameroun, avec les Lions Indomptables, les exemples ne manquent pas. Et pas plus qu’il y a quelques mois, une délégation est allée en Europe à la chasse des talents binationaux, sans véritable résultats, car plusieurs joueurs approchés attendent encore d’être éventuellement convoqués par les sélectionneurs européens, sans oublier une réticence née des casseroles que traîne le football camerounais au niveau de ses sélections nationales.

Ces internationaux français nés à l'étranger

Prétendre qu'un joueur doit nécessairement choisir la nationalité sportive du pays qui l'a vu naître, est une incongruité. On peut avoir grandi ici et avoir le coeur là-bas, et vice-versa. L'équipe de France en a grandement profité au cours de son histoire.

Basile Boli est né en Côte d'Ivoire, Marcel Desailly au Ghana, Patrick Vieira au Sénégal, Jean Tigana au Mali. Et n'oublions pas Luis Fernandez, né à Tarifa en Espagne, et qui a demandé la naturalisation française après trois ans de carrière professionnelle.
Zinedine Zidane et la jurisprudence Camel Meriem

En Algérie, deux exemples sont sans cesse opposés dans le débat concernant la sélection de Nabil Fekir. D'un côté, on salue le choix de Zinedine Zidane, Marseillais d'origine kabyle, d'avoir réussi la carrière que l'on sait en équipe de France. De l'autre, on raille Camel Meriem, milieu de terrain né dans le Doubs (et passé par les Girondins de Bordeaux au début des années 2000).

Binational, Meriem aurait pu devenir une grande star en Algérie. Il a opté pour l'équipe de France et a bloqué son compteur à... trois petites sélections, passant du surnom "Nouveau Zizou" à celui de "Casper le fantôme".

Le meilleur joueur français actuel, Paul Pogba est né en Seine-et-Marne. Son talent l'a naturellement porté vers l'équipe de France. Ses deux frères aînés, Florentin et Mathias, moins doués, sont devenus internationaux guinéens. Florentin Pogba a néanmoins joué le Tournoi de Toulon avec l'équipe de France espoirs en 2011.

Le Onze bleu des binationaux

Voici une petite sélection de joueurs binationaux ayant fait les beaux jours des Bleus. Sans eux, l'équipe de France n'aurait pas été tout à fait la même. Nabil Fekir s'inscrira-t-il dans la liste ? Il n'appartient qu'à lui de décider, puis de continuer à faire parler son talent.

Une équipe de rêve : Steve Mandanda (Zaïre) - Patrice Evra (Sénégal), Basile Boli (Côte d'Ivoire), Marcel Desailly (Ghana), Manuel Amoros (Espagne) - Luis Fernandez (Espagne), Jean Tigana (Mali), Patrick Vieira (Sénégal), Zinedine Zidane (Algérie) - Karim Benzema (Algérie), David Trezeguet (Argentine).

  • Hits : [ 4315 ] 21 Jun 2016 01:16:00

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